aux quatre points cardinaux. Tout paraît immense et démesuré. Sauf les adultes qui émergent de la maison, pas plus grands que des soldats de plomb. Les trois jeunes garçons rient de bon cœur. Afin de ne pas laisser les deux petits seuls trop longtemps au niveau inférieur, ils abandonnent la cabane.

Quelques instants plus tard, ils retrouvent le plancher des vaches et des adultes en promenade dans le parc. Edmond est heureux de retrouver sa mère, lien avec sa vie d'avant. D'un geste joyeux, Madame fait signe à la jeune troupe de retourner à ses activités et de ne pas traîner dans les pattes des grands. Deux groupes d'enfants se forment alors. Edmond suit Michel. Le plus grand a enfin trouvé un camarade de son âge. Il va pouvoir lui faire partager ses endroits, ses cachettes, ses livres. Il espère qu'Edmond le suivra. Les deux garçons courent vers les écuries. Michel présente les trois derniers chevaux du Raisiné. Tous les autres, soit une dizaine, ont été réquisitionnés soit par l'armée française en 1940, soit par les Boches en 1942. La préférence de Michel va à Belle Époque, une jument âgée qu'Igor promène parfois avec un enfant sur le dos. Elle ne tire plus les voitures, pas même le petit cabriolet de Madame pourtant bien léger. Vent Terrible et Ouragan, aussi tourbillonnants que leur nom, font la fierté de Michel. Étalons, leur robe est magnifique ; leurs hautes encolures leur donnent un maintien qui convient très bien aux voitures dont ils ont la charge. Ils se sont habitués à tirer